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L’avenir de la présence militaire française au Sahel en débat à l’Assemblée

Posted On 04 Mar 2021
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L’avenir de la présence militaire française au Sahel en débat à l’Assemblée

Les ministres français des Affaires étrangères et des Armées ont défendu jeudi à l’Assemblée nationale la poursuite des efforts militaires français au Sahel, devant des députés soucieux d’en comprendre l’avenir et la stratégie après huit ans de présence ininterrompue.

“Il nous semble aujourd’hui légitime, utile et nécessaire de débattre de la stratégie de la France au Sahel” après huit années d’engagement militaire dont “nous pouvons être fiers”, mais à l’important “coût humain” (50 morts au combat) et “financier” (un milliard d’euros par an), a souligné en préambule le député de la majorité présidentielle Thomas Gassilloud (Agir ensemble).

“Si les résultats obtenus sont réels” depuis le sursaut militaire décidé début 2020 au sommet de Pau (sud-ouest), “la situation sécuritaire au niveau régional demeure préoccupante”, a-t-il souligné. En matière de gouvernance et de développement, “le bilan reste trop léger”. Et sur le plan militaire, “les renforts européens sont précieux mais fragiles”, a-t-il constaté, plaidant pour une implication accrue des Etats sahéliens.

“L’opération Barkhane (5.100 militaires français, ndlr) n’est pas éternelle, mais aujourd’hui il n’est pas question de partir parce que nos partenaires nous demandent de continuer à les aider”, a réagi la ministre des Armées Florence Parly, selon qui “la sécurité des Français et des Européens en dépend”.

Mi-février, lors d’un sommet à N’Djamena avec les partenaires du G5 Sahel, le président Emmanuel Macron avait annoncé que Paris ne comptait pas réduire “dans l’immédiat” les effectifs de Barkhane, appelant d’abord à “décapiter” les groupes jihadistes, notamment ceux affiliés à Al-Qaïda, qui continuent d’agir dans la région.

La France lutte “contre les groupes terroristes qui cherchaient hier à y établir un califat islamiste et qui, battus en brèche, poursuivent aujourd’hui une stratégie meurtrière de chaos et de déstabilisation”, a fait valoir pour sa part le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, insistant sur la nécessité d’un “sursaut civil” et “de développement”, déjà en cours selon lui.

– “La guerre à des concepts” –

Les débats ont reflété le doute qui gagne peu à peu l’opinion française. Selon un sondage publié début janvier, peu avant le sommet de N’Djamena, seuls 49% des personnes interrogées sont encore favorables à cette intervention, contre 73% en février 2013 et 58% fin 2019.

Extrême-gauche et gauche radicale ont ainsi émis de sérieux doutes sur sa stratégie. “La France doit préparer son départ du Sahel, il faut commencer à discuter en multilatéral d’un agenda” de retrait progressif, a jugé le communiste André Chassaigne.

“Huit ans de guerre, 55 Français morts, cinq milliards d’euros dépensés, deux millions de civils déplacés (…). Nous sommes en guerre, quels sont les objectifs?”, a renchérit le chef de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. “Que faisons-nous là-bas ? La guerre au terrorisme ? Depuis quand la France fait-elle la guerre à des concepts?”

A l’inverse, l’opposition de droite a soutenu le maintien de l’effort. “Je suis convaincue que l’heure n’est pas à la réduction de nos efforts mais à leur intensification”, a jugé Nathalie Serre (Les Républicains – LR). “Si nous abandonnions le Sahel, nous en payerions les conséquences sur le plan du terrorisme et de l’immigration illégale”, a abondé son collègue LR Claude de Ganay.

“Ce que nous visons, c’est à terme que les forces sahéliennes puissent assurer de façon autonome leur propre sécurité”, a conclu Mme Parly. “L’objectif est de parvenir à une opération plus agile et de nous appuyer de plus en plus sur (le groupement de forces spéciales européennes) Takuba pour accompagner les Sahéliens”.

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