Xiaomi : « L’argument militaire cache la volonté américaine de casser la montée en puissance de la technologie chinoise »

Posted On 15 Jan 2021
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La décision du président sortant Donald Trump d’inscrire la société chinoise de smartphones sur la liste noire de la défense américaine illustre la crainte des Etats-Unis et l’interpénétration entre les deux capitalismes, estime Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
Pour Lei Jun, le fondateur de Xiaomi, le nom de son entreprise, qui signifie littéralement « millet », le caractère « xiao » (« petit ») évoque plutôt le petit grain de riz des bouddhistes qui peut être aussi grand qu’une montagne, et le « mi » serait l’acronyme de « mobile Internet », mais aussi de mission impossible. La première partie de la mission, devenir une montagne, a été en partie réalisée en 2020, quand le fabricant chinois de smartphones a, pour la première fois de sa courte existence, dépassé son modèle, Apple. La deuxième partie sera tout aussi difficile : convaincre Joe Biden qu’il n’est pas le diable. Entendre, que cette jeune gloire de dix ans d’âge n’est pas un agent de l’armée populaire de Chine menaçant la sécurité des Etats-Unis.
Ce jeudi 14 janvier 2021, l’une des dernières décisions du président sortant, Donald Trump, aura été d’inscrire la société chinoise sur la liste noire de la défense américaine. Cette dernière vise à pointer les entreprises jugées dangereuses pour l’Amérique et à interdire aux investisseurs américains de les financer. Y figurent notamment la compagnie pétrolière nationale CNOOC, en raison de sa politique agressive en mer de Chine méridionale, ainsi que le constructeur d’avions COMAC.
Apple chinoisLe futur président, Joe Biden, aura jusqu’à novembre 2021 pour entériner ou non cette décision, voire la renforcer en inscrivant ces sociétés sur d’autres listes, qui pourraient bloquer toute fourniture de composants américains ou punir les entreprises étrangères qui oseraient commercer en dollars avec ces renégats. Xiaomi, qui vend des téléphones, des trottinettes et des aspirateurs pensait bien passer à travers les gouttes. Ses matériels ne sont pas aussi sensibles que les infrastructures de télécommunications de son concurrent Huawei ou que la fabrication de puces électroniques de SMIC, deux autres stars de la technologie chinoise clouées au pilori par l’administration Trump.


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