🔴 L’armée française doit se préparer au risque de guerre de haute intensité, prévient l’État-major

Posted On 07 Oct 2021
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🔴 L’armée française doit se préparer au risque de guerre de haute intensité, prévient l’État-major

Selon l’état-major, les prochains conflits armés pourront être de haute intensité, soit des affrontements plus durs, à plus grande échelle, qui se traduiront par de lourdes pertes tant matérielles qu’humaines.

Mercredi 6 octobre, le chef d’état-major des armées françaises (CEMA), le général Thierry Burkhard, sera entendu par la commission de la Défense de l’Assemblée. Son message ? Les forces armées françaises doivent être prêtes à l’affrontement mais sans le rechercher​.

Ne pas chercher l’affrontement, c’est l’affaire des politiques et des diplomates. Se préparer à tout conflit qu’il soit asymétriques (comme au Mali) ou de haute intensité (contre un adversaire disposant des mêmes moyens conventionnels et prêt à les engager massivement), c’est bien la prérogative des militaires.

La guerre asymétrique, les soldats français en font l’expérience depuis des décennies, tant en Afghanistan qu’en Afrique. En revanche, aucun d’entre eux n’a connu de guerre conventionnelle où seraient massivement engagés l’ensemble des moyens classiques aéroterrestres mais aussi des capacités nouvelles dans le domaine du cyber, du spatial et de l’informationnel.

Se préparer à une guerre de haute intensité

La haute intensité, ce n’est peut-être pas ce que nos soldats vivront demain, voir la semaine prochaine. Mais c’est bien ce à quoi ils doivent se préparer dès aujourd’hui. Et l’exhortation du CEMA à se préparer à ce type d’engagement est irréprochable. Elle se base sur quelques constats faits dès 2016 dans un document de l’armée de Terre baptisé Action Terrestre Future (ATF) dont l’objectif est d’anticiper les besoins de l’armée de Terre sur le long terme.

La réflexion française rejoint l’analyse du général américain H. R. McMaster qui a dénoncé quatre « illusions » ​sur la manière de conduire les prochains conflits, à savoir une approche technologiste et systémique de type « shock and awe Â» suffisante pour provoquer l’effondrement de l’adversaire ; une trop grande confiance dans les forces spéciales portées au rang de martingale stratégique ; la croyance que la guerre peut être menée par procuration, grâce à l’emploi de proxys et de supplétifs ; enfin, l’idée que l’ennemi nous laissera choisir nos types d’engagement.

La prise en compte de ces quatre « illusions »​explique, par exemple, l’effort de renforcement des forces conventionnelles américaines en Europe et la volonté d’éprouver le renforcement express (par voie aérienne et maritime) des capacités déjà déployées. D’où la massification des moyens américains pour disposer, plus vite, de plus d’effectifs, d’équipements et de munitions à lancer dans une éventuelle bataille sur les frontières de l’est de l’Europe.

Des chocs plus violents, des pertes plus lourdes

La prise en compte de ces quatre « illusions » ​explique aussi la volonté de l’actuel chef d’état-major des Armées de mieux préparer les forces françaises qui doivent changer d’échelle​. Certes, il faut gagner la guerre avant la guerre​, comme l’estime le général Thierry Burkhard. Mais l’adversaire, on l’a dit, aura le choix des armes. D’où le besoin de capacités robustes dans les domaines de la guerre informationnelle, du cyber et du spatial. D’où la nécessité également de disposer d’un volume de forces conventionnelles humainement et technologiquement égales ou supérieures à tout ennemi potentiel.

Il faut donc massifier nos forces car, lors de conflits de haute intensité, l’attrition sera sans commune mesure avec celle rencontrée dans les conflits passés ​(lire l’étude de l’IFRI : « La masse dans les armées françaises : un défi pour la haute intensité », Focus stratégique, n° 105, juin 2021), avec des engagements consommateurs en effectifs et en équipements.

De récents exercices en Estonie (exercice Springstorm ) et dans l’est de la France (exercice Dompaire ) ont témoigné de cette érosion intense des capacités ; de l’aveu même des militaires français, 75 %, voire 85 %, des moyens déployés seraient rapidement mis hors de combat. Une telle attrition implique des capacités en réserve pour régénérer, rapidement, effectifs, matériels et stocks (en particulier de munitions).

Comment massifier ? Certainement pas en piochant dans le parc patrimonial des musées militaires (quoi que…). Il s’agit moins de combler des vides capacitaires â€‹(ce qui se fait actuellement en matière d’externalisation) que d’augmenter le volume de matériels disponibles d’une part et celui des effectifs militaires d’autre part. La solution passe bien sûr par des budgets de la Défense « durcis » et « augmentés », à l’image des matériels et des soldats du futur. Et il faudra plus de soldats !

Recourir à des services privés ?

Sur ce dernier point, le recours aux réservistes permettra de soulager la charge des unités d’active et de combler les trous suite aux meurtriers chocs initiaux. Mais l’engagement des réserves ne réglera pas tout.

Dans « La masse dans les armées françaises : un défi pour la haute intensité Â», il est aussi fait référence au « recours à des opérateurs privés Â» pour étoffer cette masse. C’est ce que dit aussi le document de 2016 produit par l’armée de Terre : L’action terrestre future. Cette ATF précise que la coopération peut aussi demander d’être capable d’échanger, avec les organisations non-gouvernementales et les entreprises privées de service de sécurité et de défense, sans qu’il soit question en l’espèce d’interopérabilité​.

Il y a donc une place pour les ESSD (entreprise de services de sécurité et de défense) dans ce grand projet pour développer la masse au sein des forces terrestres, projet qui envisage clairement selon l’ATF l’engagement d’opérateurs privés (MCO, tâches organiques et logistiques, de protection de la force)​.

Un tel recours aux capacités du privé n’est pas dans la culture tricolore. Et pourtant, il va bien falloir cesser de parler de « mercenariat » ​et considérer l’apport des entreprises commerciales dans le domaine du soutien. Et admettre par exemple que le MCO peut être externalisé sur les théâtres d’opérations. Les équipementiers militaires français Arquus et Nexter attendent d’ailleurs des clarifications sur ce point.

En attendant, non pas un conflit de haute intensité mais une décision tricolore réfléchie, il faut anticiper :

– en se penchant d’abord sur réglementation nationale et le droit du travail pour clarifier le champ d’intervention du privé ;

– en identifiant enfin les domaines où le privé peut intervenir ;

Рen identifiant les acteurs capables de fournir ces prestations dans le cadre de la haute intensit̩ ;

– enfin en associant les ESSD rapidement aux grands exercices qui s’annoncent dans les mois qui viennent.

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https://www.ouest-france.fr/politique/defense/l-armee-francaise-doit-se-preparer-au-risque-de-guerre-de-haute-intensite-previent-l-etat-major-0b5856e0-25c0-11ec-af2f-332dac360860

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