France/Covid19 : Coronavirus : Les transferts de patients entre régions, comment ça marche ?

Posted On 14 Mar 2021
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Le gouvernement voudrait voir se réaliser une centaine d’évacuations sanitaires la semaine prochaine, un véritable défi

Ces images ont compté parmi celles les plus marquantes du premier confinement : celles des transferts de patients et patientes atteintes du Covid-19, d’une région à l’autre, par avion, TGV médicalisés voire navire militaire. Au pire de la première vague, certaines régions avec des services de réanimation saturés avaient dû envoyer des malades dans des secteurs moins « en tension ». Ces images sont de retour en mars 2021, un an tout juste après le début du premier confinement. Si on en croit le gouvernement, le rythme devrait même s’accélérer dans la semaine qui vient, probablement pas une bonne nouvelle du point de vue de la sortie de crise, mais du point de vue logistique, comme fonctionne cette prouesse ?

« C’est une logistique extrêmement lourde », rappelait sur BFMTV Frédéric Adnet, le directeur médical du Samu de Seine-Saint-Denis. Il s’agit d’assurer la sécurité des personnes transférées, on ne peut bien sûr pas transférer n’importe quel patient ou patiente qui, si elle est en réanimation, est donc dans un état grave. Il y a des critères médicaux : la personne doit être stable d’un point de vue ventilatoire et d’un point de vue cardiaque. Il faut aussi l’accord des proches, et il n’est pas forcément évident à obtenir. « C’est extrêmement difficile, car c’est voir quelqu’un de sa famille avec le pronostic vital engagé s’éloigner de l’autre côté de la France. Bien sûr, on a un certain nombre de refus et on respecte les volontés de la famille », expliquait Frédéric Adnet chez nos confrères et consœurs.

Les évacuations aériennes ne suffiront pas

Ce week-end, six premières personnes ont quitté les hôpitaux d’Ile-de-France pour la province, notamment la Nouvelle-Aquitaine. Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a annoncé ce dimanche depuis le tarmac de l’aéroport d’Orly six autres évacuations aériennes chaque jour à partir de lundi. Le gouvernement, qui tente d’éviter un reconfinement de l’Ile-de-France, la région où la situation sanitaire inquiète le plus actuellement, voudrait transférer une centaine de patients et de patientes la semaine prochaine. Cet objectif représente environ 10 % des personnes actuellement en réanimation en région parisienne.

Si « l’heure est à la mobilisation générale » et que « chaque lit compte », comme le dit Gabriel Attal, les transferts en avion ou en hélicoptère ne suffiront pas. « Il va falloir peut-être renouveler ce qu’on avait fait pendant la première vague, c’est-à-dire des transferts par TGV » médicalisés, disait samedi Frédéric Adnet. « On en a l’expérience », ajoutait-il. Dans ce cas ce sont à chaque fois plusieurs dizaines de personnes qui peuvent être transférées en une seule fois. Ça ne se fait néanmoins pas en claquant des doigts : « On sait que la mise en place d’un TGV sanitaire avec 24 patients nécessite quarante-huit à soixante-douze heures », détaille au micro d’Europe 1 François Braun, président du Samu urgence France.

Timing serré pour éviter un reconfinement

Or, la « situation ferroviaire » de la France n’est, en ce moment, pas celle du premier confinement. En avril 2020, presque aucun train ne circulait sur le réseau. Aujourd’hui, la situation n’est pas revenue à celle d’avant la pandémie mais il faudra trouver une place sur les voies aux trans sanitaires au milieu des trains de voyageurs et de voyageuses. Tout cela prendra du temps : BFMTV a appris auprès de l’ARS d’Ile-de-France que ces TGV capables de transporter 24 à 48 personnes ne seront prêts qu’en fin de semaine. Le timing sera serré dans une région où 95 % des lits de réanimation sont déjà occupés par des malades du Covid-19.

Dernier problème et pas des moindres, les capacités d’accueil de régions jusque-là pas encore en tension ne sont pas infinies. Loin de là même. Si l’on en croit les données du site CovidTracker, seules deux régions hexagonales ont un taux d’occupation des lits de réanimation par des malades du Covid-19 inférieur à 50 %. Ils et elles sont 46 % en Nouvelle-Aquitaine, et même seulement 40 % en Bretagne. Les Pays-de-la-Loire ne sont pas si loin, à 52 %. Sans compter que ces chiffres ne comptent pas les autres patients et patientes, qui doivent passer par un service de réanimation pour d’autres raisons, prévues ou d’urgence. Avec peut-être une centaine de lits occupés en plus dans quelques jours, ces régions devront aussi probablement bientôt déprogrammer des interventions chirurgicales prévues.

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