Un camp militaire de l’Otan menace un coin de paradis au Montenegro

Posted On 06 Mar 2021
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Au Monténégro, le pâturage géant du plateau de Sinjajevina est le cadre d’un mode de vie ancestral, où les humains vivent en relation avec leur milieu, comme le racontent les auteurs de cette tribune. Un projet de camp militaire, soutenu par l’Otan, pourrait tout détruire. Mais l’opposition s’organise et une victoire importante a été remportée.

Petar Glomazić, Milan Sekulović et Miloš Đurović sont membres de l’association Save Sinjajevina, un collectif composé d’agriculteurs, d’ONG, de scientifiques, de politiciens et de simples citoyens qui œuvrent en faveur de la protection de Sinjajevina et pour la reconnaissance publique de son patrimoine alors que la région est sous la menace de la construction d’un camp militaire. Pablo Dominguez est chargé de recherche en anthropologie environnementale au CNRS, membre du laboratoire de Géographie de l’environnement (Geode), du Departament d’antropologia social i cultural (AHCISP) à Barcelone et du laboratoire Population-Environnement-Développement (Usages) à Aix-Marseille.


Sinja(je)vina [1] est un immense plateau calcaire de plus de 400 km2 qui, avec le massif du Durmitor, représente plus de 1.000 km2 de pâturage de montagne. C’est le plus grand pâturage des Balkans et l’un des plus grands d’Europe, où vivent et trouvent leur subsistance plus de deux cent cinquante familles de pasteurs et de petits agriculteurs.

Depuis des centaines d’années, voire des milliers, les éleveurs et les agriculteurs de Sinjavina ont protégé et pris soin de leurs pâturages, comme on le ferait de sa propre famille. Organisés en un ensemble de biens communs pastoraux, les habitants sont responsables de la conservation d’un paysage dont la valeur particulière et la biodiversité unique ont été reconnues comme réserve de biosphère par l’Unesco.

Certains jours, il semble que personne n’ait jamais foulé le sol de Sinjavina. Des pentes vierges à perte de vue, glorieusement vertes en été, et d’une blancheur insupportable en hiver! Aucune empreinte, aucun signe de présence humaine. Et pourtant, les humains y vivent depuis des siècles. C’est juste que nous n’avons pas l’habitude d’une présence humaine aussi délicate, qui nourrisse au lieu de prendre.

Cette pureté doit être ce à quoi ressemble le soin.

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